Les Savigny de France et de Suisse

Gérard trouve le bonheur auprès de ses chevaux

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En trente ans d'activité comme plombier-chauffagiste à Savigny-sur-Braye, Gérard Meunier est inévitablement bien connu dans le secteur. Mais depuis quelques années, le nom du sexagénaire est davantage associé à ses chevaux, des fjords, qu'à son ancienne activité professionnelle. L'un d'entre eux a été sélectionné pour représenter la race au Salon Équita Lyon, du 28 octobre au 1er novembre 2015.



C'est en 2001 que Gérard achète son premier cheval. Pour le plaisir de faire des balades en carriole. Avec son nouveau compagnon, Gérard retrouve ses sensations, ses liens qui l'unissaient aux chevaux lorsqu'il s'occupait d'eux, dans les fermes, adolescent. Rosa, Vivady, Pinse, Altesse feront leur entrée sur la propriété avec une admiration toute particulière pour le dernier, né sur le domaine. « Ce sont des chevaux qui ont du caractère mais qui sont doux, très affectueux. Je ne vais jamais les chercher, ils viennent du fond de leur pâture sur simple appel. »Gérard prend soin d'eux, les chouchoute et met un point d'honneur à faire son propre foin grâce à ses deux ou trois hectares.

Régulièrement, Gérard attelle Rosa pour une promenade à travers la campagne. « Rosa se sent mieux à l'attelage que d'être montée. Elle semble heureuse. »Quinze, vingt kilomètres à sillonner les chemins à bord de sa charrette, restaurée par ses soins. Il en est à sa troisième. Entièrement démontées, poncées, revernies, elles retrouvent leur aspect d'antan. Parfois avec quelques modifications et des pièces récupérées. Toujours en respectant le style de l'année. La dernière date de 1850.

Gérard – l'un des membres fondateurs de l'association Cheval fjord Centre Ouest en 2010 – présente aussi ses chevaux en concours, aux expositions, dans des comices agricoles. Les prix et les plaques se multiplient. « C'est une grande satisfaction de finir premier quand dix sont présentés. Cette année, des juges d'Alsace ont trouvé Vivady extraordinaire par sa taille supérieure à la moyenne et assez fin. Il manquait de muscles. Je lui ai donné un peu plus à manger et veillé à ce qu'il finisse tout. Il a repris du fessier et sur la colonne. C'est un cheval qui obéit à sa cavalière : ils s'entendent bien. »
Tous ces efforts font qu'il sera présenté, sous la responsabilité de sa cavalière Angèle, avec un autre de ses congénères du haras d'Auvine au salon du cheval à Lyon. Cinq jours, plus de deux mille chevaux dont deux provenant de Savigny. Quelle satisfaction pour Gérard ! Lui, qui, pour raison personnelle, ne pourra pas être présent à ce grand rendez-vous international trouvera sa consolation auprès de Rosa, Pinse et Altesse. « J'apprécie d'être avec mes chevaux, je suis en vacances auprès d'eux. C'est une activité qui me plaît. »Nul doute qu'entre Gérard et ses équidés, c'est une grande histoire. D'amour peut-être. En témoigne l'émotion qui le submerge lorsqu'il évoque son premier cheval, aujourd'hui disparu. Un seul regret. Qu'il n'y ait pas plus d'attelage au sein du CFCO (Cheval fjord Centre Ouest).

Source : Isabelle Granger : La Nouvelle République du 25 novembre 2015